Le Code Noir de Louis XIV (ebook)

Le Code Noir de Louis XIV (ebook)

Le Code Noir de Louis XIV
[Théâtre]


« Le Code Noir permet de comprendre pourquoi l'Afrique ne décolle pas »

Connaissez- vous le « Code Noir » ? Ou bien êtes-vous de ceux ou celles qui, malgré de nombreuses publications, malgré leur degréd’instruction, n’en savent encore rien ou pas grand-chose ?

Savez-vous que le « Code Noir » demeure un document d’« incontournable référence » ? Savez-vous que le « Code Noir » est au coeur même de l’histoire de la France, de l’Afrique, de l’esclavage, de la colonisation, de toute l’humanité ? …

Léandre Sahiri propose dans ce livre, « Le Code noir de Louis XIV », de faire connaître, par le théâtre, pourquoi et comment le « Code Noir » a été conçu, fabriqué et par la suite officialisé, promulgué par Louis XIV, Roi de France…



Merci de visiter le site officiel http://sahiri.net/Code.html pour plus d'information.





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Léandre Sahiri
Enseignant-chercheur. Docteur ès lettres de l’Université de la Sorbonne, Paris. Précédemment, chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au Canada. Critique littéraire, écrivain et auteur de divers articles, préfaces et livres. Il a collaboré à la rédaction et création de nombreux journaux et magazines dont Le Filament magazine.

www.Sahiri.net
http://sahiri.net/biographie.html
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Analyse de l’écrivain Jean-baptiste Tiémélé
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Il ne m'était jamais arrivé de penser que, un jour l'on tirerait du CODE NOIR, document juridique, une pièce de théâtre. Grande a donc été ma surprise de découvrir, au Salon du Livre, à la Porte de Versailles, à Paris, en 2008, que la réalité est tout à fait autre ; et ce, grâce à l'ingéniosité du Professeur Léandre Sahiri qui, après des recherches, a réussi à restituer les séances des différents débats au Conseil d'Etat, au terme desquels furent adoptés les projets de lois sur l'esclavage des Noirs.

Ainsi est né « Le Code Noir de Louis XIV », une pièce de théâtre riche d'enseignements, composée d’un prologue et d’un épilogue encadrant ses quatre Actes.

Dans chacun de ces Actes, les interventions des membres du Conseil d'Etat ont pour objet de convaincre le Roi d'accepter de prendre des ordonnances pour que les Noirs soient désormais considérés comme des sous-hommes, voire comme des objets de commerce. Les textes de ces ordonnances ont été réunis, depuis un peu plus de quinze ans, par le défunt Ministre Jean-Baptiste Colbert ; son fils et successeur, le Marquis de Seignelay, connaissant bien ledit projet, en assure la présentation.

Quant au Roi, avant toutes choses, il veut savoir : pourquoi faire du Noir un esclave, un objet ? Qu'adviendra-t-il de ses droits naturels, de sa liberté ? Le Marquis de Seignelay lui répond que « Désormais, les Noirs doivent être absolument traités comme nos biens meubles transmissibles et négociables, c'est-e-dire qu'ils ne sont ni plus ni mains que des objets, tels les chaises, les tables et autres dont nous disposons à loisir pour nos commodités et pour nos besoins. C'est ce principe-là que le Code Noir de Louis XIV atteste, pour sous-tendre, à tout jamais, toutes les formes de relations que, désormais, nous aurons ou établirons avec les Noirs, à commencer par « la traite Négrière ».

Le Ministre de la Justice renchérit ce que dit le Marquis de Seignelay. Pour lui, « ... l'esclave ne jouit d'aucune capacité juridique, nous devons désormais considérer l'esclave noir, comme un objet, comme un bien, au même titre que les autres biens appartenant aux maîtres que nous sommes ». Tous les intervenants, notamment le Ministre de l'Intérieur, le Ministre de la Marine, le Ministre de la Culture, le Ministre du Commerce, abondent dans le même sens.

Cette unanimité est due au fait que les guerres incessantes, menées pendant de longues années par Louis XIV, ont ruiné le pays qui, de plus, connaît des mouvements sociaux graves ; l'économie est à son plus bas niveau. Et, les membres du Conseil d'Etat connaissent tous la situation. Ils savent que le royaume a besoin d'argent et que le prestige du Roi doit demeurer et s'étendre non seulement sur l’Europe, mais sur le monde entier. Seul, selon eux, l'esclavage des Noirs permettra à la France d'échapper à la banqueroute et de mieux préserver son rayonnement.

Le Roi, dès lors qu’il est au courant des intentions des initiateurs du Code Noir, n'entend pas donner son avis, sans au préalable, s’être fait expliquer, par tous les représentants du peuple et de l'Eglise au sein du Conseil d'Etat, les différents aspects du dossier et sans connaître les tenants et aboutissants de cette nouvelle pratique ; ceci, afin d'éviter d'être accusé, plus tard, de faire « cohabiter, sans management, droit et esclavage » ou de « déshumaniser les Noirs, tant sur plan juridique que civil, de les bestialiser, de les chosifier ».

Tout au long des débats, les Evêques, se référant à la Bible, se font un devoir de rassurer le Roi. L'Evêque de Paris insiste, à la fin du 1er ACTE : « Majesté ! Vous pouvez compter sur nous, pour que soit exécutée votre volonté de voir les Noirs consentants et complices du sort qui leur sera fait... La voie la plus sûre pour asservir les Nègres, c'est de les amener à la conversion, comme l'a fait Paul pour les Thessaliens ».

Très fervent catholique, le Roi insiste pour savoir si la traite des Noirs ne se heurte, ni à la religion, ni à la morale. C’est la que les hommes de Dieu entrent en jeu, pour réaffirmer la malédiction des Noirs. D’entrée de jeu, l'Evêque de Versailles annonce les efforts à faire pour rendre inoffensifs ces maudits ! « Par la religion, dit-il, nous leur inculquerons, à leur insu, les vertus de la soumission, de la subordination, de la servilité, sous-prétexte de recevoir, en échange, une place au paradis céleste. Par la religion, nous les amènerons, à leur insu, à intégrer dans leur subconscient le complexe d'infériorité, la vertu de la pauvreté et l'idée fixe que, en tant que descendants de Cham, ils sont les seuls individus propres et aptes à l'esclavage permanent ».

Ces déclarations ne rassurent que leurs auteurs. Comment accepter, en effet, que des Evêques trompent leurs fidèles ! Eux, riches et puissants, ils tournent le dos aux vertus de la pauvreté et imposent le complexe d'infériorité comme la clé qui ouvre les portes du paradis. Le Roi sait, désormais, qui il a devant lui. Mais, l'exercice du pouvoir ne le contraint, opportunément, à composer.



Dans l’ACTE II, les scènes 1, 2, 3 témoignent de la vie quotidienne à la Cour de Versailles : il est 15h. Le Conseil d'Etat est réuni. C'est le moment pour le Roi de demander à connaître le contenu du Code Noir. Ce document a pour but « de codifier les règles applicables aux esclaves nègres, en vue de nous acquérir et de nous conserver une main d'œuvre abondante et peu coûteuse », dit le Marquis de Seignelay.

Dans la scène 4, le Marquis de Seignelay fait cas des punitions réservées aux esclaves d'une part ; et d'autre part, il énonce les articles concernant l’attitude (« de ruse ») des maîtres vis-à-vis de leurs esclaves (s’il est interdit de torturer les esclaves, le marquage au fer chaud de la fleur de lis est autorisé). Puis, il lit, à la demande du Roi, un grand nombre des textes du Code Noir. C'est au terme de cette lecture qu'est signé, en cette année 1685, conjointement par le Roi et le Marquis de Seignelay, l’édit, connu sous le nom de « Code Noir ».



Dans l'ACTE III, des gens masqués de blanc, et dont les cheveux trahissent l'origine, tous, par leurs discours, dénoncent le destin qui est fait aux Noirs : ils sont des victimes de l'application du Code Noir, comme le dit le Treizième masque :

« Voyez-vous
Alors que
Nous devons vivre libres et égaux
Nous
Nous sommes esclaves
ESCLAVES ».


Toutes les brutalités subies par les Noirs connaissent, dans l’ACTE IV, des aggravations subtiles.

En effet, M. Willie Lynch, un Anglais propriétaire d'esclaves dans les Antilles, invité par le Conseil d'Etat, est venu livrer « Certaines méthodes nouvelles et anciennes de contrôle des esclaves. Il s'agit d’«inculquer aux Noirs le complexe d'infériorité vis-à-vis des Blancs. […] Utiliser les Noirs les uns contre les autres, minutieusement, astucieusement, dans tous les domaines, de façon à créer en leur sein, une crise de confiance totale, de façon à les empêcher de s'unir, d'être prospères et fiers d'eux-mêmes ».

En fait, ces méthodes nouvelles et anciennes de contrôle des esclaves, c'est une longue liste de références comportementales nécessitant des années d'éducation. Celle-ci, une fois acquise, bien assimilée, se transmettra pendant des milliers d'années...

Pour ma part, je ne doute pas que la méthode de M. Willie Lynch a été sérieusement appliquée dans les Iles et en Afrique. N'oublions pas que, en France, l'esclavage a été aboli a deux reprises : 1794-1804 puis 1804-1848. A la deuxième abolition, pour détourner la loi, il a été décidé d'aller asservir les Noirs sur place, sous le prétexte d'apporter aux prétendus « Sauvages » LA CIVILISATION ! Il suffit de regarder la carte de répartitions géographiques des populations dans chaque Etat, pour s'apercevoir que le principe « diviser pour régner » est bien appliqué. Deux ethnies ou deux religions s'affrontent pour prendre le pouvoir ! La crise de confiance fait le reste ! Et, l'Afrique se déchire !

Malgré le résumé très sommaire que j'ai fait du « Code Noir de Louis XIV », la pièce n'en demeure pas moins essentielle. Et, il est bon que chacun de nous la possède ou aille la voir jouer. Les raisons économiques, les prétentions hégémoniques font oublier aux hommes que leurs semblables ont les mêmes droits naturels qu'eux. A les voir s'embourber dans des absurdités pour justifier leurs comportements, l’on est amené à se demander : MAIS, OÙ VA LE MONDE ?

Les conséquences des décisions prises alors et quotidiennement exécutées, se font sentir encore, aujourd'hui ! Il suffit d'écouter le ministre de La culture de l'époque, dire au Conseil d'Etat : « ... Si l'esclave accepte sa situation de servitude, ou de soumission, c'est aussi du fait de La ruse, y compris le conditionnement psychologique pour anéantir sa velléité ou sa volonté de révolte. Dans ces conditions, au diable l'indulgence ! Au diable La fraternité ! Au diable l’égalité ! Et place à la force et au lavage de cerveaux! »…

Quand un président va dire aux Africains, en Afrique : « Vous n'êtes pas entrés clans l'Histoire », ne s'inspire-t-il pas des pratiques du passé ? Ne poursuit-il pas « le lavage de cerveaux» ? Incontestablement, le CODE NOIR sert encore, inspire quotidiennement les conquérants inavoués. Au terme de cette analyse, je suis tenté de lancer cet appel : Africains, apprenons l’histoire des autres continents, sans oublier la nôtre. L’union et la solidarité régnant au sein des autres communautés devrait être une révélation pour les Africains vivant sur le continent ou de la diaspora. C’est à cela que le Professeur Léandre Sahiri nous invite avec son livre « Le Code noir de Louis XIV ».

Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ - (Avril 2014)


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